Action culturelle européenne, unis dans les diversités
Thèse soutenue par Anne-Laure RIOTTE le 8 janvier 2024 à l'Université Paris Panthéon-Assas.
Directeur de thèse : Yves SUREL, Professeure de science politique, Université Paris Panthéon-Assas.
Discipline : science politique.
Jury de thèse :
Cyril BENOÎT, chargé de recherche CNRS, Sciences Po (Paris)
Laurie BOUSSAGUET, Professeure de science politique, Université de Rouen, rapporteuse
Natacha GALLY, Maîtresse de conférences en science politique, Université Paris Panthéon-Assas
Thomas HELIE, Maître de conférences en science politique, Université de Reims/INSP
Hélène MICHEL, Professeure de science politique, Université de Strasbourg
Mark THATCHER, Professeur de science politique comparée et internationale, London School of economics, rapporteur
Résumé de la thèse
Cette thèse a pour objet de retracer la trajectoire de l’action culturelle européenne de sa mise à l’agenda dans les années 1970 à la formulation de son dernier programme de financement Europe Créative en 2021. Elle étudie la manière dont celle-ci a évolué suivant les différents paradigmes qui lui sont attachés - exception culturelle, diversité, créativité - et leur impact sur la formulation des programmes culturels de l’Union européenne. De plus, cette recherche donne à voir comment cette évolution s’inscrit dans un processus au long cours de métamorphose de l’action publique en Europe.À ce titre, ce travail propose de s’appuyer sur la méthode du process tracing pour expliciter les mécanismes causaux permettant à l’action culturelle de s’institutionnaliser à cette échelle. La sédimentation de programmes et les changements de paradigmes nous invitent à développer un cadre d’analyse s’appuyant sur la littérature néo-institutionnaliste et sur une approche cognitive et sociologique de l’action publique européenne. À partir d’une démarche méthodologique qualitative, cette recherche révèle les dynamiques internes et externes de l’action culturelle européenne qui alimentent son processus d’institutionnalisation. Elle démontre la pertinence de saisir les différentes formes de justification d’une telle action publique, cette dernière évoluant dans un environnement complexe et multi-niveaux, composé à la fois d’acteurs nationaux et européens, professionnels, bureaucratiques et politiques. Cette thèse démontre de fait que l’action culturelle européenne met en tension une logique classique d’intégration avec les différenciations continues des programmes et modes d’actions.
Thèse lauréate du Prix spécial du jury du Prix Pierre Pflimlin 2025.