La protection sociale des femmes immigrées dans l’Union européenne: le cas des travailleuses en situation de migration temporaire en France et en Espagne

Thèse soutenue par Audrey DEVERSON le 16 mars 2026 à l'Université de Strasbourg.

Directeur de thèse : Marco ROCCA, Chargé de recherche CNRS en droit social européen international et comparé, Université de Strasbourg.

Discipline : droit.

 

Jury de thèse : 

Marie MERCAT-BRUNS, Professeure de droit privé à Sciences Po, Présidente,

Judy FUDGE, Professeure de droit du travail, Université McMaster (Canada),

Bénédicte LAVAUD-LEGENDRE, Chargée de recherche CNRS en droit, Université de Bordeaux,

Mireia LLOBERA VILA, Professeure de droit du travail et de la sécurité sociale, Université de Valence,

Sophie ROBIN-OLIVIER, Professeure de droit public, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Résumé de la thèse

La migration temporaire de travail constitue à la fois un phénomène historique et un enjeu toujours central au sein de l’Union européenne. Cette thèse analyse, dans une perspective sociojuridique, les cas de la France et de l’Espagne, en se concentrant sur le travail saisonnier et le travail détaché dans le secteur agricole. Elle examine l’expérience des travailleuses migrantes temporaires à l’intersection du droit des migrations et du droit social, notamment en matière de sécurité sociale. Mobilisant une perspective intersectionnelle articulée au concept de vulnérabilité, cette recherche met en lumière le rôle structurant du droit dans l’expérience de ces femmes. La thèse démontre que le cadre juridique applicable contribue à renforcer leur situation de vulnérabilité en instaurant un système d’exclusion et d’invisibilisation fondé sur le statut migratoire, le statut d’emploi, et une division du travail genrée et racialisée, limitant ainsi l’accès effectif de ces femmes aux droits liés à leur participation au marché du travail, tels que le droit au chômage, ainsi qu’à ceux relatifs à leur vie reproductive.